L’année 2024 a été marquée par une succession d’événements géopolitiques et économiques qui ont testé la résilience des marchés financiers. Malgré des incertitudes notables, notamment liées aux élections aux États-Unis, aux tensions au Moyen-Orient ou à la crise politique en Europe, les marchés ont surpris par leur robustesse, enregistrant des résultats solides. À l’aube de 2025, il est essentiel d’analyser les implications de ces dynamiques pour anticiper les défis et opportunités à venir, en particulier au regard des ajustements monétaires, des performances sectorielles et des politiques publiques qui continueront de façonner la donne.
Bilan 2024 des marchés financiers : performances et contexte macroéconomique
L’année écoulée a confirmé l’importance de rester pragmatique face à un univers financier en constante évolution. La conjoncture internationale, marquée par la conjonction de conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, ainsi que des élections déterminantes aux États-Unis, a contribué à un climat d’incertitudes vives. Pourtant, les marchés actions mondiaux ont progressé, portés notamment par une économie américaine dynamique et une évolution sensible des politiques monétaires.
- Performances boursières mondiales : l’indice MSCI World a enregistré une hausse de +18,67% (en dollar), avec des disparités géographiques marquées.
- Leadership américain : le S&P 500 affiche une remarquable performance de +24,5%, grâce à la vigueur des bénéfices des entreprises et aux mesures pro-croissance de la nouvelle administration.
- Dynamique européenne mitigée : le DJ Euro Stoxx 50 progresse de +11,01% (en euro), freiné par des tensions politiques internes et une croissance en berne, notamment en Allemagne et en France.
- Marchés émergents : les performances restent plus modestes, avec une croissance de +7,5% dans l’indice MSCI Emerging Markets.
Revirement des politiques monétaires en 2024
Cette année a marqué un tournant impressionnant dans les stratégies des banques centrales. Les États-Unis et la zone euro ont amorcé leurs premiers cycles de baisse des taux directeurs après plusieurs années de politique restrictive, mais avec des rythmes et amplitudes différenciés.
- Federal Reserve (Fed) : début de baisse des taux en septembre, avec un repli total de -1%, les Fed Funds se stabilisant entre 4,25% et 4,50%.
- Banque Centrale Européenne (BCE) : premières baisses initiées en juillet, avec un taux de dépôt abaissé de 4% à 3%, accompagnées d’une fin progressive des programmes de soutien (TLTRO, PEPP).
- Banque du Japon : exception notable, relèvement des taux pour la première fois depuis 2007, signe d’une normalisation monétaire.
- Banques centrales émergentes : ajustements différenciés selon la conjoncture locale, bénéficiant de marges de manœuvre liées à la baisse des taux américains.
Banque Centrale | Actions 2024 | Taux directeurs fin 2024 | Perspectives 2025 |
---|---|---|---|
Federal Reserve | Baisse de 1% des Fed Funds | 4,25% à 4,50% (territoire restrictif) | Prudence, baisses limitées en attente de progrès inflation |
BCE | Baisse progressive taux dépôt de 4% à 3% | 3% | Poursuite du cycle de baisse si désinflation confirmée |
Banque du Japon | Relevé des taux en mars et juillet à +0,25% | +0,25% | Normalisation progressive |
Banques centrales émergentes | Stratégies différenciées | Variable | Adaptation locale selon conditions économiques |
Enjeux obligataires : volatilité accrue et stratégies pour 2025
Le segment obligataire a présenté une forte volatilité, reflet des fluctuations des anticipations de politique monétaire. En Europe, les obligations souveraines et crédit ont suivi des trajectoires décalées, tandis qu’aux États-Unis, la pentification de la courbe des taux s’est confirmée, impactant fortement les rendements.
- Europe : surperformance des obligations à haut rendement (+8,22%), sur fond de prudence des investisseurs sur la dette souveraine (+1,83%).
- États-Unis : hausse des taux longs à 10 ans jusqu’à 4,65%, avec une structure de taux plus pentue.
- Dette des pays périphériques : amélioration des fondamentaux en Italie, Espagne, Portugal, avec un resserrement des écarts de rendement par rapport à l’Allemagne.
- France : incertitudes politiques et dérive budgétaire impactent négativement les rendements souverains.
Prévisions obligataires pour 2025
La sensibilité accrue des portefeuilles face aux variations des taux reste essentielle, notamment en zone euro où la poursuite du cycle de baisse monétaire est envisagée. La recherche de rendement reste un moteur : les obligations privées et la dette subordonnée européenne seront sous surveillance favorable.
- Désinflation confirmée favorise la poursuite de la baisse des taux à moyen terme.
- Portefeuilles sensibles aux taux en zone euro, avec une surpondération des crédits privés.
- Souci de la dette souveraine dans plusieurs pays, notamment en raison des niveaux de taux plus élevés comparés à la décennie précédente.
Segment obligataire | Performance 2024 | Facteurs clés | Tendance 2025 |
---|---|---|---|
High Yield Europe | +8,22% | Appétit pour le risque, recherche de rendement | Surperformance potentielle maintenue |
Obligations souveraines zone euro | +1,83% | Décalage des baisses de taux, incertitudes macro | Poursuite possible de la baisse des taux |
Crédit Investment Grade euro | +4,56% | Émissions sursouscrites, demande persistante | Maintien d’une bonne attractivité |
Obligations US 10 ans | 4,65% rendement | Pentification de la courbe, inflation | Volatilité attendue, prudence accrue |
Perspectives pour les marchés actions en 2025 : prudence et opportunités
Les actions ont démontré leur capacité à créer de la valeur en 2024, une dynamique qui devrait se poursuivre en 2025, mais dans un cadre plus volatil et sélectif. Les investisseurs devront porter une attention accrue à la diversification géographique et sectorielle, notamment avec un positionnement plus équilibré entre grandes capitalisations et valeurs décotées.
- Zones géographiques : prudence sur les valorisations américaines, opportunité de rebond pour l’Europe délaissée.
- Secteurs prometteurs : technologie, services de communication, valeurs industrielles et financières.
- Risques à surveiller : politiques monétaires plus prudentes, tensions géopolitiques persistantes (cf. Moyen-Orient, conflit Iran-Israël), et incertitudes budgétaires notamment en France.
- Stratégies recommandées : surpondération des PME et petites capitalisations, valorisation des décotés et diversification accrue.
Zone géographique | Performance 2024 | Focus 2025 | Risques associés |
---|---|---|---|
États-Unis | +24,5% | Resserrement valorisation, prudence sur méga-capitalisations | Inflation et politique monétaire |
Europe | +11,01% | Reprise progressive, valorisation attractive | Risques politiques et croissance faible |
Asie, Chine | Moindre progression | Attente d’un plan de relance plus concret | Environnement économique instable |
Marchés émergents | +7,5% | Diversification prudente | Volatilité géopolitique |
Implication pour les investisseurs et acteurs financiers français
Les institutions telles que BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole poursuivent leur rôle d’accompagnement des investisseurs avec une offre enrichie et adaptée. De leur côté, Amundi et LCL Investissement développent des solutions innovantes pour capter les opportunités naissantes, tandis qu’AXA, Natixis, la Caisse d’Épargne et Boursorama accentuent leurs stratégies de gestion pilotée, en s’appuyant sur une analyse fine des risques.
- Renforcement des dispositifs d’épargne salariale et retraite.
- Développement des fonds diversifiés destinés à optimiser le couple rendement/risque.
- Accompagnement à la gestion des portefeuilles en contexte volatil avec une approche agile.
- Focus sur l’éducation financière pour mieux orienter les épargnants dans leurs choix.
Pour approfondir cette analyse, retrouvez également le bilan des marchés financiers de mai 2025 ou le rapport annuel de l’AMF. Face aux enjeux géopolitiques, notamment la escalade militaire au Moyen-Orient, et aux politiques économiques incertaines, ces ressources offrent des clés pour comprendre et agir. De plus, l’embellie récente des marchés financiers incite à rester vigilant et informé.